Pourquoi les banques centrales achètent de l’or depuis trois ans
Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le
Les institutions qui gèrent les réserves des États ont recommencé à accumuler du métal jaune, à un rythme inédit depuis des décennies. Leur raisonnement éclaire celui que peut tenir un épargnant.
En bref — Les banques centrales achètent de l'or pour une raison simple : c'est le seul actif de réserve qui ne dépend de la promesse d'aucun autre pays. Ce mouvement, entamé après 2022, a durablement soutenu la demande mondiale.
Que cherchent les banques centrales
Une banque centrale détient des réserves pour garantir la valeur de sa monnaie et faire face aux chocs. Ces réserves ont longtemps été composées majoritairement de devises étrangères, principalement de dettes d'États occidentaux.
Or une dette est une promesse. Elle vaut ce que vaut la volonté — et la capacité — de l'émetteur à rembourser. Le gel d'avoirs souverains décidé après 2022 a rappelé à beaucoup de pays qu'une réserve détenue à l'étranger peut être bloquée du jour au lendemain.
L'or, lui, ne dépend de personne. Rangé dans ses propres coffres, il reste disponible quelles que soient les relations diplomatiques.
Quelle différence avec l'épargne d'un particulier
Le raisonnement est transposable, en changeant d'échelle.
| Ce que cherche une banque centrale | L'équivalent pour un épargnant |
|---|---|
| Ne pas dépendre d'un seul pays | Ne pas tout placer dans une seule zone économique |
| Détenir un actif sans contrepartie | Posséder quelque chose qui ne peut pas faire faillite |
| Se protéger d'une crise de confiance | Amortir les périodes où tout baisse ensemble |
| Conserver sur le très long terme | Penser en décennies, pas en trimestres |
Est-ce que ça veut dire qu'il faut acheter de l'or
Cela veut dire qu'un acteur qui gère des dizaines de milliards, avec des équipes entières, considère que ce métal a une place dans une réserve. Pas qu'il faut y mettre son épargne.
Les allocations généralement retenues par les gestionnaires prudents situent l'or entre 5 et 10 % d'un patrimoine financier. Sa fonction est d'amortir, pas de porter la performance : il ne verse aucun revenu et sa détention a un coût.
Ce que ce mouvement change sur le marché
Une demande institutionnelle régulière crée un plancher de demande qui n'existait pas dans les années 2010. Cela ne garantit aucune hausse — le cours de l'or reste volatil et a connu de longues périodes de recul — mais cela modifie l'équilibre entre acheteurs et vendeurs.
Pour un épargnant, l'information utile n'est pas « le cours va monter ». Elle est : cet actif est redevenu structurellement recherché par les acteurs les plus prudents du monde financier.
Ce qu'il faut retenir
- Les banques centrales achètent de l'or parce qu'il ne dépend de la promesse d'aucun État.
- Le même raisonnement, à l'échelle d'un particulier, plaide pour une part limitée mais réelle.
- L'or ne rapporte rien : sa fonction est d'amortir les chocs.
- Les allocations prudentes se situent généralement entre 5 et 10 %.