Ces entreprises européennes qui rattrapent les géants américains
Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le
Les portefeuilles français sont souvent très exposés aux États-Unis, par construction. Or plusieurs segments européens présentent aujourd'hui des valorisations nettement inférieures pour des activités comparables.
En bref — L'écart de valorisation entre actions européennes et américaines s'est creusé pendant une décennie. Il attire aujourd'hui l'attention des gestionnaires, dans les secteurs où l'Europe conserve des positions dominantes.
D'où vient l'écart
Trois facteurs se sont additionnés : une composition sectorielle différente — l'Europe compte peu de très grandes technologies —, une croissance économique plus faible, et une prime accordée par les marchés aux entreprises américaines.
Résultat : à activité comparable, une entreprise européenne se paie souvent nettement moins cher que son équivalent américain.
Où l'Europe reste dominante
| Domaine | Position européenne |
|---|---|
| Luxe | Leadership mondial incontesté |
| Équipements pour semi-conducteurs | Acteur incontournable aux Pays-Bas |
| Santé et pharmacie | Groupes de premier plan |
| Industrie de précision | Allemagne, Suisse, Italie |
| Énergie et infrastructures | France, Italie, Espagne |
| Défense | Réarmement en cours |
Ce qui pourrait réduire l'écart
Les plans d'investissement européens dans l'énergie, la défense et les infrastructures numériques créent une demande intérieure durable.
Le rapatriement de certaines productions industrielles, engagé depuis les ruptures d'approvisionnement, bénéficie aux acteurs européens.
Enfin, un écart de valorisation prolongé finit souvent par attirer les capitaux, simplement parce qu'il devient trop visible.
Le contre-argument à connaître
Cet écart existe depuis longtemps, et beaucoup ont perdu de l'argent en pariant sur sa fermeture rapide. Il peut refléter des différences réelles de rentabilité et de dynamisme, pas seulement un excès de pessimisme.
Une exposition européenne se justifie donc comme diversification d'un portefeuille trop concentré, pas comme un pari sur un rattrapage à échéance connue.
Comment procéder
Vérifier d'abord la répartition géographique réelle de ce qu'on détient déjà. Beaucoup de portefeuilles « mondiaux » sont exposés aux États-Unis à plus de 65 %.
Ajouter ensuite, si l'écart est jugé excessif, une brique européenne large plutôt qu'un pari sur quelques valeurs.
Ce qu'il faut retenir
- L'écart de valorisation avec les États-Unis est important et ancien.
- L'Europe garde des positions dominantes dans plusieurs domaines.
- Un portefeuille « mondial » est souvent très américain.
- Une exposition européenne se pense comme un rééquilibrage, pas comme un pari daté.