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Discipline automatique : le vrai atout des systèmes

Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le

Illustration : Discipline automatique : le vrai atout des systèmes

La plupart des pertes des investisseurs particuliers ne viennent pas d'une mauvaise analyse, mais d'un écart de comportement au mauvais moment. C'est précisément ce qu'un système automatisé supprime, et c'est son apport le plus sous-estimé.

En bref — L'apport principal du trading automatisé n'est pas technologique, il est comportemental. La machine applique la règle fixée à froid, y compris les jours où l'on aurait envie d'y déroger. Cela ne rend pas une mauvaise stratégie rentable, mais cela supprime la source d'erreur la plus fréquente chez les particuliers. À une condition : garder une limite de perte globale décidée avant de commencer.

Deux personnes peuvent suivre exactement la même méthode et obtenir des résultats opposés. La différence ne tient pas à la méthode, elle tient à ce qui se passe entre le moment où la règle est écrite et le moment où il faut l'appliquer.

Ce moment-là dure quelques secondes. C'est là que se joue l'essentiel.

Pourquoi la règle écrite et la règle appliquée diffèrent-elles ?

Une règle s'écrit dans le calme. On est assis, rien n'est en jeu, on raisonne clairement : « je coupe à moins 5 %, je prends mon gain à plus 10 % ».

Elle s'applique dans un tout autre état. Le compte affiche une perte, le chiffre bouge, et une voix intérieure propose une exception raisonnable : « attendons demain, le marché s'est emballé, ça va revenir ».

Cette voix n'est pas irrationnelle. Elle défend quelque chose de très humain : ne pas transformer une perte potentielle en perte constatée. Tant qu'on n'a pas vendu, on n'a « pas vraiment perdu ». C'est faux comptablement, mais c'est puissant psychologiquement.

Le problème est que ce mécanisme ne se déclenche jamais dans le sens favorable. Personne ne se dit « laissons courir cette perte de 20 % » à froid. On y arrive par une suite de petites exceptions, chacune défendable prise isolément.

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Quelles sont les trois erreurs qui coûtent le plus cher ?

Garder une position perdante. L'espoir qu'elle remonte est la réaction la plus naturelle et la plus coûteuse. Une petite perte devient une grande perte parce qu'on a refusé de la constater à temps.

Sortir trop tôt d'une position gagnante. Par crainte de rendre le gain acquis. Résultat : des gains courts et des pertes longues, exactement l'inverse de ce qu'il faudrait pour qu'une méthode tienne dans la durée.

Doubler la mise après une perte. Pour « se refaire ». C'est le mécanisme qui vide un compte le plus rapidement, et le plus difficile à arrêter une fois engagé, parce que chaque nouvelle perte renforce l'envie de la compenser d'un coup.

Ces trois comportements ont un point commun : ils apparaissent au moment précis où l'argent est en jeu, et pas une seconde avant. C'est pourquoi la bonne intention ne suffit pas. On ne peut pas s'engager à être calme dans six mois.

Que coûte réellement une exception à la règle ?

Un calcul suffit à le montrer, et il n'a rien de psychologique.

Prenons un investisseur qui s'est fixé une perte maximale de 2 % du capital par opération. Sur vingt opérations, il respecte sa règle dix-huit fois. Deux fois, il déplace le seuil « pour laisser une chance », et ces deux positions finissent à moins 20 %.

Le total des deux exceptions représente 40 % de perte. Les dix-huit opérations conformes, elles, plafonnent à 2 % chacune. Autrement dit, deux écarts sur vingt suffisent à annuler le travail des dix-huit autres.

L'arithmétique aggrave encore les choses. Une perte de 20 % demande ensuite 25 % de hausse pour revenir au point de départ. Une perte de 50 % en demande 100 %. Plus on laisse une perte s'installer, plus le chemin du retour devient long, et cette relation n'est pas proportionnelle.

C'est une des raisons pour lesquelles les erreurs de débutant sont si difficiles à rattraper : elles ne coûtent pas leur montant, elles coûtent leur montant plus le temps nécessaire pour l'effacer.

Comment un système règle-t-il le problème ?

Les règles sont écrites à froid, avant toute exposition : combien on engage, à quel niveau on coupe, à quel niveau on prend le gain, combien d'opérations simultanées au maximum. Ensuite, l'exécution ne dépend plus de l'état d'esprit du moment.

Le tableau ci-dessous compare les deux réactions face aux mêmes situations.

SituationRéaction humaine fréquenteRéaction du système
Position en perte de 5 %Attendre, espérerCoupe si la règle le prévoit
Gain rapide de 3 %Encaisser tout de suiteTient jusqu'à l'objectif fixé
Trois pertes d'affiléeAugmenter la miseGarde la même taille de position
Marché très agitéAgir sur l'émotionApplique la règle, ou reste hors marché

Notez que la colonne de droite n'est pas « meilleure » en soi. Elle est simplement identique à ce qui avait été décidé. C'est tout ce qu'on lui demande.

Cette constance a un effet secondaire utile : elle rend les résultats interprétables. Quand une règle est appliquée à la lettre, une série de pertes dit quelque chose sur la stratégie. Quand elle est appliquée avec des exceptions, la même série ne dit plus rien du tout, parce qu'on ne sait pas ce qui a été mesuré.

Ce que la discipline automatique ne fait pas

Elle ne rend pas une mauvaise stratégie rentable. Appliquer rigoureusement une règle perdante fait perdre régulièrement, ce qui est pire que d'improviser. La discipline est un multiplicateur : elle amplifie ce qu'elle applique, dans les deux sens.

C'est pour cette raison que la vérification préalable compte autant. Une règle ne se confie à un programme qu'après avoir été testée sur des données passées, puis observée à blanc pendant plusieurs semaines.

Elle ne dispense pas non plus de surveiller. Un système qui applique fidèlement des règles devenues inadaptées au contexte continuera de les appliquer jusqu'à ce qu'on l'arrête. La machine ne remarque pas qu'un marché a changé de nature ; elle exécute.

Enfin, elle ne supprime pas l'émotion, elle la déplace. Le stress ne porte plus sur chaque opération, il porte sur la question « est-ce que je laisse tourner ce système ? ». C'est une question plus rare, plus réfléchie, et posée hors de l'urgence. C'est déjà un progrès considérable, mais elle reste entière.

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Quel garde-fou ne faut-il jamais retirer ?

Une limite de perte globale, définie avant de commencer : le montant à partir duquel tout s'arrête, sans discussion et sans réexamen.

Elle se formule en euros, pas en pourcentage, parce qu'un montant parle plus clairement au moment où il faut l'assumer. « J'arrête tout si le compte descend sous 8 000 euros » se vérifie d'un coup d'œil.

Elle se fixe quand on est calme, et elle protège des décisions prises quand on ne l'est plus. C'est le seul réglage que les investisseurs expérimentés considèrent comme non négociable, et c'est aussi le premier que les offres douteuses omettent de proposer.

Un point mérite d'être dit sans détour : cette limite doit être atteignable sans conséquence sur votre vie. Le montant engagé sur un système automatisé n'est pas une épargne de précaution. Cette distinction est développée dans l'article sur l'épargne de précaution.

Sur la question du comportement des particuliers face aux marchés, l'Autorité des marchés financiers publie régulièrement des études et des mises en garde utiles à lire avant de commencer. Elles décrivent des mécanismes que chacun croit pouvoir éviter, et que presque personne n'évite.

Le trading automatisé ne réduit pas le risque de perte. Il retire une source d'erreur, ce qui est différent. Les sommes engagées peuvent être perdues en totalité.

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