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Les erreurs de débutant qui coûtent le plus cher

Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le

Illustration : Les erreurs de débutant qui coûtent le plus cher

Certaines erreurs se paient une fois, d'autres se paient tous les ans pendant vingt ans. Ce sont les secondes qui font la différence, et elles sont beaucoup moins spectaculaires que les premières. Voici ce que chacune coûte, en mécanique, chiffres à l'appui.

En bref — Les erreurs les plus coûteuses ne sont pas les mauvais choix de support mais les frais répétés, les mouvements trop fréquents et la concentration involontaire. Un point de frais annuel supplémentaire ampute d'environ un quart le capital atteint au bout de vingt ans, sur une hypothèse de rendement identique. Ces effets se calculent à l'avance et ne dépendent d'aucune prévision de marché. Aucun d'eux ne relève de la technique : tous relèvent de l'organisation.

Il y a une asymétrie que les débutants perçoivent mal. Une erreur de choix se voit tout de suite et fait mal une fois. Une erreur de structure ne se voit jamais et prélève un peu, chaque année, sans interruption. La seconde catégorie coûte plus cher, précisément parce qu'elle ne déclenche aucune alerte.

Les frais : le seul coût dont on connaît le montant à l'avance

C'est l'erreur numéro un, et la seule dont l'effet se calcule sans faire la moindre hypothèse sur les marchés.

Le mécanisme est celui des intérêts composés appliqué à l'envers. Les frais sont prélevés chaque année sur un capital qui, sans eux, aurait produit à son tour. L'écart ne s'additionne pas, il se multiplie.

Voici ce que donne une même hypothèse de rendement brut de 6 % par an, selon le niveau de frais annuels, sur une base 100 de départ. Ce sont des illustrations de calcul, pas des performances attendues.

Frais annuelsCapital après 10 ansAprès 20 ansAprès 30 ans
0,3 %environ 174environ 303environ 528
1,0 %environ 163environ 265environ 432
2,0 %environ 148environ 219environ 324

Entre la première et la dernière ligne, l'écart au bout de trente ans dépasse le capital de départ multiplié par deux. Aucune sélection de support n'a un effet aussi certain que ce simple paramètre.

Deux précautions pratiques. Le taux affiché ne fait jamais le total : frais d'enveloppe, frais de gestion du support, frais d'arbitrage et frais fixes se cumulent, et il faut les additionner soi-même. Et un support facturé plus cher n'est pas nécessairement moins bon — il doit simplement produire davantage, chaque année, pour rattraper l'écart.

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Les mouvements trop fréquents : un coût double

La deuxième erreur mécanique consiste à intervenir souvent, généralement avec la conviction d'améliorer les choses.

Le premier coût est direct. Chaque opération déclenche une commission, parfois un minimum de courtage, parfois un écart entre le prix d'achat et le prix de vente. Douze allers-retours dans l'année sur un compte modeste représentent une ponction supérieure à ce que rapporte une année de placement garanti.

Le second coût est fiscal, et souvent ignoré. Dans un compte-titres ordinaire, chaque vente gagnante déclenche une imposition la même année. L'argent parti en impôt ne produit plus rien ensuite, alors qu'un gain resté latent continue de travailler. À rendement égal, un portefeuille très actif finit derrière un portefeuille inactif pour cette seule raison.

Le troisième coût n'est pas comptable mais il est le mieux documenté : les décisions se prennent après un mouvement de marché, donc en réaction. Les travaux universitaires sur les comptes de particuliers associent régulièrement une fréquence élevée de transactions à une performance nette inférieure. Le remède est structurel plutôt que moral : rendre les décisions moins fréquentes plutôt que promettre de mieux les prendre, ce qui est le principe même de la discipline automatique.

La concentration qu'on ne voit pas

Troisième erreur mécanique : croire qu'on est réparti alors qu'on ne l'est pas.

Elle prend plusieurs formes. La plus visible est le portefeuille de trois lignes du même secteur. La plus fréquente est invisible : quatre fonds différents peuvent contenir en grande partie les mêmes entreprises, parce que les plus grosses capitalisations mondiales pèsent lourd dans presque tous les indices. Additionner des supports n'est pas répartir.

Une autre forme échappe complètement au relevé : la concentration entre le patrimoine et les revenus. Détenir des actions de son employeur, quand le salaire vient déjà du même employeur, fait dépendre l'épargne et le revenu du même événement.

Et l'inverse existe : multiplier les lignes ne protège pas davantage. Quinze supports sur un capital modeste multiplient les frais fixes, rendent le suivi impossible et donnent surtout une impression de maîtrise. La bonne question n'est pas « combien de lignes » mais « ces lignes baissent-elles ensemble ». Les grandes familles disponibles et leurs comportements respectifs sont décrits dans le panorama au-delà des livrets.

Investir sans réserve accessible

Celle-là ne coûte rien tant que rien n'arrive. Puis elle coûte tout d'un coup.

Sans argent disponible immédiatement, le moindre imprévu — une réparation, un changement de logement, une période sans revenu — oblige à vendre. Or les imprévus ne se produisent pas indépendamment du contexte : les périodes de tension économique produisent en même temps les baisses de marché et les pertes d'emploi.

C'est ce qui transforme une variation en perte définitive. Un portefeuille qui recule de 25 % n'a rien perdu tant qu'il n'est pas vendu ; le même portefeuille vendu ce mois-là a perdu 25 % pour de bon.

Une réserve mal placée pose le même problème. De l'argent de précaution logé sur un support qui varie, ou bloqué plusieurs années, n'est pas une réserve.

Confondre un placement garanti et un crédit en cours

C'est une erreur d'arithmétique pure, et elle se corrige en une opération.

Rembourser par anticipation un crédit à la consommation portant un taux de 6 % supprime une charge certaine de 6 % par an. Aucun placement garanti en capital n’offre ce niveau avec la même certitude. Comparer un placement à un remboursement de crédit revient à comparer un résultat espéré à un résultat acquis.

La nuance vaut d'être posée : le raisonnement s'applique aux crédits coûteux, pas nécessairement à un crédit immobilier ancien contracté à un taux très bas, dont le coût réel peut être inférieur à celui d'un placement garanti. Et il ne s'applique jamais au point de vider la réserve accessible, ce qui reviendrait à corriger une erreur en en créant une autre.

Les erreurs qui ne coûtent pas un pourcentage mais tout le capital

Les cinq précédentes se chiffrent en points de rendement. Deux autres se chiffrent en totalité.

La première est l'engagement sur un produit dont l'intermédiaire n'est pas autorisé à exercer. Les listes noires publiées par l'Autorité des marchés financiers s'allongent chaque trimestre, et les signaux d'alerte sont toujours les mêmes : un rendement présenté comme certain, une pression à décider vite, un interlocuteur qui rappelle. Ils sont détaillés dans les signaux qui doivent faire raccrocher.

La seconde est plus banale : ne rien faire du tout pendant des années. Elle ne produit aucune ligne rouge, ce qui la rend indolore, mais elle consomme la seule ressource impossible à racheter. Le sujet n'est pas de placer à tout prix, c'est de savoir ce que l'immobilisme coûte réellement avant de le choisir par défaut.

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