Livret A : que faire quand le taux ne suit plus l’inflation
Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le
Sécurité totale, argent disponible, aucune fiscalité : le Livret A garde ses qualités. Mais quand son taux passe sous la hausse des prix, l'épargne perd doucement de sa valeur.
Le Livret A reste le placement le plus détenu en France. Ses avantages sont réels : capital garanti, retrait possible à tout moment, ni impôt ni prélèvements sociaux sur les intérêts.
Son inconvénient est arithmétique. Lorsque le taux servi passe sous la hausse des prix, l'épargne conserve son montant mais perd du pouvoir d'achat. La somme est intacte ; ce qu'elle permet d'acheter, moins.
Ce que le Livret A doit rester
Avant de chercher ailleurs, une précision utile : le Livret A n'a pas vocation à faire fructifier un patrimoine. Sa fonction est d'abriter l'épargne de précaution, celle qui doit être disponible immédiatement en cas de coup dur.
L'ordre de grandeur généralement retenu est de trois à six mois de dépenses courantes. Cette somme-là n'a pas à être optimisée : elle a à être disponible.
C'est au-delà que la question du rendement se pose.
Les alternatives, et ce qu'elles coûtent en contrepartie
Le compte à terme bloque l'argent pour une durée convenue en échange d'un taux connu d'avance. La sécurité reste élevée, la disponibilité disparaît. Une sortie anticipée entraîne généralement une pénalité.
L'assurance-vie en fonds euros offre un capital garanti par l'assureur, avec un rendement souvent supérieur aux livrets réglementés. Les frais d'entrée et de gestion varient beaucoup d'un contrat à l'autre et déterminent une bonne part du résultat final. L'antériorité fiscale du contrat se construit avec le temps, ce qui plaide pour l'ouvrir tôt, même avec peu.
Les unités de compte, dans le même contrat, ne sont pas garanties. Elles peuvent monter comme baisser, y compris pendant plusieurs années.
Les SCPI permettent d'investir dans l'immobilier locatif sans gérer de bien. Les revenus sont réguliers mais pas garantis, la revente peut prendre du temps, les frais d'entrée sont élevés et se rentabilisent sur une longue période. La valeur des parts peut baisser, ce qu'ont rappelé plusieurs ajustements récents du secteur.
La question à se poser avant de bouger
Elle n'est pas « quel est le meilleur taux ». Elle est « dans combien de temps aurai-je besoin de cet argent, et qu'est-ce que je suis prêt à voir baisser sans paniquer ».
Un capital nécessaire dans dix-huit mois n'a rien à faire sur un support qui peut perdre 15 %. Un capital destiné à la retraite dans quinze ans n'a pas non plus à dormir intégralement sur un livret.
Le piège du moment
Les périodes de taux décevants sont précisément celles où fleurissent les offres promettant beaucoup, très vite, sans risque. Cette combinaison n'existe pas.
Un rendement supérieur se paie toujours quelque part : en disponibilité, en volatilité, ou en probabilité de perte. Quand l'un de ces trois éléments n'apparaît nulle part dans la présentation, c'est qu'il a été omis.