Actu patrimoine.
Publicité
970 × 90
← Actu patrimoine Technologie

Data centers : la France joue gros dans la course à l’intelligence artificielle

Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le

Le déploiement de centres de données représenterait plusieurs centaines de milliards d'euros d'investissements d'ici 2035. Un enjeu de souveraineté, mais aussi une source croissante de conflits locaux.

Derrière chaque requête envoyée à une intelligence artificielle, il y a des machines. Beaucoup de machines, rangées dans des bâtiments discrets, qui consomment de l'électricité et dégagent de la chaleur. Ces centres de données sont devenus une infrastructure aussi stratégique que les ports ou les réseaux électriques.

Un investissement de l'ordre du plan industriel

Les estimations publiées par les instituts économiques chiffrent l'effort nécessaire en centaines de milliards d'euros sur une décennie. L'ordre de grandeur dépasse celui de la plupart des programmes industriels français des trente dernières années.

L'argument des partisans est direct : sans capacité de calcul sur le territoire, les entreprises françaises loueront leur puissance à l'étranger, avec les dépendances que cela implique. Les données de santé, les données industrielles, les données publiques finiraient hébergées ailleurs, sous d'autres lois.

Publicité
300 × 250

Le problème que personne n'avait anticipé

Ces bâtiments consomment énormément d'électricité et créent peu d'emplois locaux. Un centre de données de grande taille peut employer quelques dizaines de personnes après sa construction, pour une consommation électrique comparable à celle d'une ville moyenne.

L'équation est mauvaise pour les élus qui doivent l'expliquer à leurs habitants. Les contestations se multiplient : pression sur le réseau électrique, artificialisation des sols, usage de l'eau pour le refroidissement, nuisances sonores. Plusieurs projets ont été retardés ou déplacés.

Ce que ça dit de l'économie qui vient

Ce débat révèle une tension qui va structurer les prochaines années. La transition numérique et la transition énergétique ne vont pas naturellement dans le même sens. L'une réclame de la puissance disponible en permanence, l'autre demande de la sobriété.

Les réponses techniques existent — récupération de chaleur pour chauffer des logements, implantation près des sources de production, refroidissement moins gourmand en eau. Elles coûtent plus cher et ralentissent les projets, au moment précis où la course mondiale récompense la vitesse.

Pour l'épargnant, un secteur à regarder de loin

L'infrastructure numérique attire les capitaux, et les produits financiers qui s'y adossent se multiplient. La prudence habituelle s'applique : un secteur porteur n'est pas une garantie de rendement, et les valorisations élevées d'aujourd'hui intègrent déjà beaucoup d'optimisme.

Investir dans un thème à la mode au sommet de son cycle médiatique reste l'une des façons les plus classiques de perdre de l'argent, même quand le thème lui-même est solide.

Publicité
300 × 250

À lire aussi