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Pensions gelées jusqu’en 2030 : la piste qui revient sur la table

Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le

Le Comité de suivi des retraites remet en avant une mesure déjà écartée par les députés : cesser d'indexer les pensions sur les prix. Derrière le vocabulaire technique, une question simple pour les retraités : combien restera-t-il dans la poche.

Le rapport est court, le message ne l'est pas. L'instance chargée de surveiller l'équilibre du système de retraite juge la trajectoire financière préoccupante et propose, une nouvelle fois, de suspendre l'indexation des pensions sur l'inflation jusqu'en 2030. La proposition avait déjà été formulée. Elle avait déjà été refusée. Elle revient.

Ce que veut dire « ne pas indexer »

Aujourd'hui, les pensions suivent en principe l'évolution des prix : quand la vie augmente, elles augmentent aussi, avec un décalage. Suspendre ce mécanisme ne baisse pas le montant écrit sur le relevé. Il fige ce montant pendant que tout le reste continue de monter.

L'effet est discret la première année. Il devient beaucoup moins discret au bout de cinq. Un budget qui perd un peu de pouvoir d'achat chaque année finit par en perdre beaucoup, sans qu'aucune ligne n'ait jamais été officiellement diminuée.

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Pourquoi cette idée revient malgré les refus

Le raisonnement des économistes tient en une phrase : le nombre de retraités augmente plus vite que le nombre de cotisants. Face à ce déséquilibre, il n'existe que quelques leviers, tous impopulaires. Reculer l'âge de départ. Augmenter les cotisations. Ou laisser les pensions se déprécier lentement.

Le troisième levier a un avantage politique évident : il ne ressemble pas à une décision brutale. C'est aussi ce qui le rend contestable aux yeux de ceux qui le subissent.

La « règle d'or », l'autre proposition

Le rapport explore une seconde idée : inscrire dans la loi un mécanisme qui corrigerait automatiquement les paramètres du système — taux de cotisation, âge, niveau des pensions — dès que les comptes dérapent. Plus besoin de réforme, plus besoin de débat.

L'argument avancé est la stabilité. L'objection est démocratique : une règle automatique retire au Parlement une décision qui engage des millions de personnes. Plusieurs pays européens ont adopté ce type de dispositif, avec des résultats inégaux et des retours en arrière quand la pilule ne passait plus.

Ce que ça change pour ceux qui préparent leur retraite

Rien n'est voté. Mais la répétition du signal mérite d'être entendue. Les rapports officiels de ces dernières années pointent tous la même direction : la pension versée par le système obligatoire couvrira une part décroissante du niveau de vie d'avant la retraite.

Cela ne veut pas dire qu'il faut céder à la panique ni se précipiter sur le premier produit venu. Cela veut dire que la question « comment je complète » se pose plus tôt qu'auparavant, et qu'elle se pose à des gens qui pensaient pouvoir ne pas se la poser.

Se constituer un complément prend du temps. C'est justement pour ça que le sujet mérite d'être regardé avant l'âge où il devient urgent.

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