Préparer sa retraite : ce que le temps fait à votre place
Par La rédaction — Actu patrimoine · Publié le · Mis à jour le
Épargner tôt ou épargner beaucoup : le premier levier est presque toujours plus puissant que le second. Démonstration par les intérêts composés.
Une règle simple domine la préparation de la retraite, et elle n'a rien à voir avec le choix des placements : ce qui compte le plus, c'est le nombre d'années.
L'effet boule de neige
Les gains d'une année produisent eux-mêmes des gains l'année suivante. Ce mécanisme, appelé intérêts composés, paraît anodin au début et devient spectaculaire avec la durée.
Une somme placée à 5 % double environ tous les quatorze ans. Commencer à trente ans plutôt qu'à quarante-cinq ne change pas le rendement, mais laisse plus de temps au doublement de se répéter.
C'est pour cette raison qu'un effort modeste tenu longtemps bat presque toujours un effort important commencé tard.
Le versement régulier, meilleur allié que le bon moment
Attendre le « bon moment » pour investir est un réflexe naturel et une mauvaise idée. Personne ne sait à l'avance quand les marchés seront au plus bas, y compris les professionnels.
Verser une somme fixe chaque mois règle le problème autrement : on achète mécaniquement plus de parts quand les prix sont bas et moins quand ils sont hauts. Cette régularité lisse le prix d'entrée et supprime la question du timing, qui est surtout une source d'inaction.
Adapter la prise de risque à l'échéance
Le principe est intuitif : loin de la retraite, on peut accepter des variations importantes, parce que le temps permet d'absorber les mauvaises années. À l'approche de l'échéance, il devient logique de sécuriser progressivement.
Ce glissement doit être graduel et planifié, pas décidé dans l'urgence après une chute des marchés — moment où l'on vend précisément au pire prix.
Les outils disponibles
Le plan d'épargne retraite offre une déduction fiscale à l'entrée, en contrepartie d'un blocage jusqu'à la retraite, avec quelques cas de sortie anticipée. Son intérêt dépend fortement du taux d'imposition : élevé, l'avantage est réel ; faible, il devient discutable.
L'assurance-vie reste plus souple : disponible à tout moment, fiscalité avantageuse après huit ans, univers de supports large.
L'immobilier locatif ajoute l'effet du crédit, avec en contrepartie une gestion, une dette et une concentration du risque sur un seul bien.
Le vrai premier pas
Il n'est pas de choisir le meilleur produit. Il est d'estimer ce que le système obligatoire versera réellement, et de mesurer l'écart avec le niveau de vie souhaité.
Cette estimation est disponible à partir d'un certain âge sur le relevé de carrière. Beaucoup de gens la découvrent trop tard, à un moment où il ne reste plus assez d'années pour que le temps fasse son travail.